À peine arrivé à l’hôtel, j’ai pris une douche froide puis mis la clim au maximum. La chaleur de Phuket était écrasante, épaisse. Impossible de rester enfermé.
Alors j’ai pris mon téléphone et ouvert Grab. J’étais prêt depuis longtemps. Pour mes cinq premières nuits, j’avais choisi Patong, la partie la plus vibrante de Phuket. Celle qui vit, qui brille, qui respire.
J’ai entré ma localisation, puis : Patong Beach – Bangla Walking Street.
Moins de dix minutes plus tard : Your Grab has arrived.
Je suis descendu. La chaleur m’a avalé d’un coup. Le Grab m’attendait, phares allumés. Le chauffeur m’a souri, humble et chaleureux.
Le trajet a commencé. Phuket défilait dans un chaos magnifique : scooters, stands fumants, bars ouverts, familles dans la rue, odeurs mêlées de grillades et de fruits trop mûrs. La ville vibrait.
Et puis je l’ai vue : Bangla Road.
Je suis sorti du Grab. Et la nuit thaïlandaise m’a frappé en pleine poitrine.
Bangla Road, c’était un autre monde. Comme si le coucher du soleil marquait le réveil de la nuit. Une renaissance.
À gauche, des prostituées de tous les styles. À droite, des ladyboys magnifiques accrochant les touristes. Des commerciaux qui harcelaient les passants pour entrer dans des clubs : “Friend, best bar ! Come come !” D’autres qui vendaient des ping-pong shows d’un air mystérieux.
Les bruits sortaient de partout : basses, voix, moteurs, rires. Un mélange fou mais parfait. Ici, impossible de s’ennuyer.
Puis, comme une parenthèse, la rue s’est calmée. C’était la Bangla Street Food.
Des stands, des woks qui crépitent, des brochettes qui grillent, des jus frais, des vendeuses souriantes. J’ai commandé un pad thaï et me suis assis sur un petit tabouret en plastique.
Et là, j’ai bu ma première Chang. Puis une deuxième. Puis une troisième. Fraîche, parfaite.
Entre deux bouchées et deux gorgées, je regardais la vie défiler autour de moi. Cette rue folle derrière moi, cette cuisine simple devant moi.
À ce moment précis, je me suis dit : Je suis vraiment là. En Thaïlande. À Bangla Road. Et Phuket, cette nuit-là, m’a avalé.
— Rogers
En route
